Artemisia Annua et désobéissance civile chez Raphaël Colicci

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
21/05/2020

Thierry rend visite à Raphaël Colicci, jardinier et militant de la biodiversité depuis cinquante ans, sur ses terres où poussent des milliers de pieds d'Artemisia annua. La conversation s'ouvre sur un constat direct : cette plante est absente de tous les protocoles officiels en France, alors que ses propriétés antipaludéennes et antivirales sont documentées et qu'elle est utilisée depuis des décennies dans plusieurs pays africains et à Madagascar.

Raphaël raconte comment il a découvert l'efficacité de l'artemisia en Casamance, au Sénégal, où il a vu des malades du paludisme soulagés en quelques heures par de simples tisanes. De retour en France, il a mis quatre ans à faire germer des graines, car les semences disponibles localement avaient été stérilisées. C'est finalement grâce à des échanges avec des paysans maliens et nigériens qu'il a pu obtenir des semences fertiles et adapter la plante à son biotope.

La discussion aborde aussi les propriétés plus larges de la plante : action sur les cellules cancéreuses in vitro, efficacité potentielle dans la maladie de Lyme, assainissement des parois intestinales, soutien à l'immunité. Raphaël insiste sur un point central à sa façon de travailler : ce qui compte, ce n'est pas l'artémisinine isolée, mais la synergie des molécules présentes dans la plante entière, de la même façon que les oligo-éléments de l'eau de mer fonctionnent en osmose.

En fil rouge, Raphaël défend une logique de transmission gratuite : il offre des plants, distribue des graines via les semences paysannes, et refuse que la plante soit captée par l'agro-industrie dès qu'elle sera légalisée. Ce qu'il appelle désobéissance civile, c'est continuer à cultiver, partager et expérimenter malgré les interdictions, parce que des gens souffrent et qu'aucune prévention simple ne leur est proposée.


Au programme de la vidéo